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Nexidée GmbH

UN CERTAIN REGARD SUR L'ACHAT ET L'INNOVATION DANS LES PAYS DE LANGUE ALLEMANDE
Cette section est principalement réalisée en français. Si vous souhaitez publier un message pour les acheteurs français sur ce blog, vous pouvez les envoyer par information@nexidee.eu
Diese Rubrik wird hauptsächlich in französischer Sprache geführt. Wenn Sie eine Meldung für französische Einkäufer über diesen Blog veröffentlichen möchten, können Sie uns diese gerne über information@nexidee.eu senden.

Relocaliser : simple mode ou vraie tendance ?

Les déçus des délocalisations ne sont pas rares, ainsi la société de tradition Schunk, spécialiste des porte-outils, des mors de serrage et des robots de préhension avait dès 2009 mis fin à son activité de production à Hangzhou afin de préserver un standard de qualité digne du «made in Germany» pour ses accessoires de machines-outils de très haute précision.

Le tour des produits de grande consommation semble venu. La chaussure de course Futurecraft MFG, «MFG» signifiant «made for Germany», est produite par Adidas en coopération avec la société Oechsle à Ansbach-Brodswinden, en Bavière, à 50 km au Sud-Ouest de Nuremberg, en bordure de l’autoroute A6 qui relie la France (Brême d’Or) à la République Tchèque.

La Speedfactory imaginée pour cette production utilise les dernières technologies de la plasturgie et de l’impression 3D pour produire sur 4.700m2 des chaussures uniques, adaptées à la morphologie et aux souhaits de chaque client.

Associée à la production de micro-séries, les avantages de la relocalisation («reshoring») sont prodigieux. Le consommateur a accès à des produits sur mesure, au design desquels il a activement participé, par exemple en créant des coloris ou téléchargé des photos. Les stocks de produits finis ne sont plus nécessaires, le délai entre le design du produit et la livraison se compte en heures. C’est aussi la fin des invendus, des rabais et des soldes : les robots et les imprimantes 3 D se mettent au travail après la confirmation de la commande. De plus, l’adaptation de la gamme aux dernières tendances est possible à tout moment.

Une usine du même type est prévue aux Etats-Unis pour servir les clients nord-américains. Elle doit ouvrir en 2017 à Cherokee County au Nord d’Atlanta.

Ces micro-usines, qualifiées il y a peu d’usines du futur, fonctionnent grâce à la force d’innovation des industriels de la machine-outil, à la main d’œuvre très qualifiée qui y travaille et à la pression du marché qui attend que des biens de consommation "customisés" soient livrés le lendemain de la commande. Dans le cas de la Speedfactory, Adidas annonce un délai de 5 heures entre la confirmation de commande et la sortie d’usine.

Speedfactory est un des 15 projets développés dans le cadre de l’initiative «Autonomique pour l’industrie 4.0» du Ministère fédéral de l’économie qui soutient les rapprochements entre nouvelles technologies de l’information et nouveaux modes de production.

[©Nexidée® 28 novembre 2016]

Automobile: un secteur agité

Bien loin des centres traditionnels de la construction automobile (Stuttgart, Munich, Wolfsburg, Ingolstadt) et de leurs usines géantes, c’est aux deux extrémités de l’Allemagne, à Berlin et à Aix-la-Chapelle que des créateurs imaginatifs produisent les engins de la nouvelle mobilité.
L’américain Local motors, séduit par la qualité des ingénieurs et techniciens comme par le statut de « capitale européenne des créatifs », a implanté une micro usine urbaine à Berlin. Le produit phare est le microbus Olli, véhicule autonome à propulsion électrique. Le véhicule est convoqué depuis un smartphone et optimise parcours et arrêts en fonction des demandes de trajet et des interconnexions avec les autres modes de déplacement. Pour l’instant, l’usage est réservé aux sites privés tels que campus ou parcs industriels afin de valider le concept. Spécialiste de la production à la demande dans des ateliers équipés en imprimantes 3D, Local motors développe à Berlin une offre de mobilité urbaine et écoresponsable.
 
 
A Aix-la-Chapelle (Aachen), à quelques kilomètres de la Belgique, c’est une filiale du groupe Deutsche Post – DHL qui construit des petits utilitaires électriques innovants. Autonome à petite vitesse le véhicule suit tout seul le facteur dans sa tournée, lui évitant d’avoir à revenir sur ses pas pour avancer sa camionnette. La société StreetScooter produit également des vélos et des triporteurs électriques. Grâce à cette nouvelle flotte de véhicules, Deutsche Post - DHL promet de généraliser la distribution du courrier et des colis sans utilisation de moteurs thermiques ou hybrides, comme c’est déjà le cas à Bonn, l’ancienne capitale fédérale.
Face à ces nouveaux entrants dynamiques, les constructeurs traditionnels ne restent pas les bras ballants. VW, toujours disgracié par le scandale de la manipulation des tests de rejets atmosphériques, a annoncé un revirement stratégique majeur, promet 30 modèles à propulsion électrique d’ici 2020 et a implanté à Berlin son « Digital Lab » qui doit développer la meilleure plate-forme numérique de l’industrie automobile.
Les trois grands constructeurs allemands ont également pris pied sur le marché de l’autopartage. VW détient une participation dans Greenwheels, Drive Now est adossé à BMW et Mini alors que Daimler développe la marque Car2Go.
 [22 novembre 2016]

Coups de pioche dans l'espace?

Aujourd’hui plus connu pour ses banques et ses rescrits fiscaux que pour sa tradition minière, alors même que la société ARBED (Aciéries Réunies de Burbach, Eich, Dudelange) a été un des géants de l’acier et que le pays a exploité des mines de fer comptant jusqu’à 30.000 km de galeries, le Grand-Duché du Luxembourg voit dans l’industrie de l’extraction une des diversifications à même de maintenir son statut de premier PIB / habitant du monde en valeur nominale. C’est le sens de l’initiative SpaceResources.lu (http://www.spaceresources.public.lu).


Imitant les Etats-Unis qui se sont doté d’une loi encadrant l’exploitation minière extra-atmosphérique (loi H.R. 2262 dite «US commercial space launch competitiveness act», signée le 25 novembre 2015 par le président Barack Obama) dont le titre IV organise la propriété des ressources tirées des corps célestes [American English «asteroid»], le gouvernement luxembourgeois a dédié une équipe de spécialistes à l’élaboration d’une réglementation protectrice pour les entreprises luxembourgeoises désireuses d’exploiter les ressources minières extra-atmosphériques.


Le Grand-Duché et la Société nationale de crédit et d’investissement (SNCI), une banque de droit public spécialisée dans le soutien aux projets luxembourgeois de long-terme, ont conclu un accord avec Planetary Resources Inc., une société minière extra-atmosphérique. L’accord portant sur un investissement de 12 millions de USD et 13 millions de USD de garanties fait du pays européen un actionnaire de référence de Planetary Resources Inc.


L’exploitation minière extra-atmosphérique ouvre trois perspectives intéressantes :
1) l’utilisation de matériaux « trouvés en chemin » pour faciliter la conquête spatiale et l’installation de colonies ;
2) la découverte de nouveaux métaux ou minéraux ;
3) le transport vers la Terre du produit de ces futures mines et la fin du spectre de certaines pénuries de matières premières.


Pays sachant attitrer les talents (48% de la population est étrangère, 167.000 travailleurs frontaliers dont la moitié de français), le Luxembourg, en contribuant à relever un défi scientifique et économique, devrait créer les conditions d’un nouveau développement de son industrie spatiale déjà très puissante grâce à la SES (Société européenne de satellites) fondée à Betzdorf en 1985, exploitante de 53 satellites géostationnaires.
[le 19 novembre 2016]

Sciences pour tous

La Berlin science week est une référence pour les festivals de vulgarisation scientifique. Du 1er au 10 novembre 2017, plus de 40 évènements sont organisés pour présenter l’état de la recherche dans des domaines aussi variés que la médecine, la métrologie, le numérique, l’archéologie ou l’intelligence artificielle. Du science slam avec un enchaînement de présentations de 10 minutes à la conférence classique, tout est fait pour faire sortir la recherche des laboratoires et mobiliser un large public autour des sujets les plus pointus. 
Ce festival des sciences confirme l’esprit campus de Berlin, où les échanges et l’ouverture d’esprit sont maîtres et où la coopération entre chercheurs et entrepreneurs favorise l’application pratique des travaux fondamentaux. 
Le programme de la Berlin science week s’intègre dans le cadre plus vaste de l’initiative Berlin brain city qui valorise le potentiel scientifique de cette ville qui compte 4 universités, 7 universités de sciences appliquées, 30 établissements privés d’enseignement supérieur et plus de 70 institutions scientifiques extra-académiques. 
Berlin qui attire déjà chercheurs et étudiants du monde entier, convaincus par les nombreux atouts de cette ville dynamique, multiplie les offensives pour attirer les start-ups européennes les plus dynamiques à la faveur de l’actuel mouvement de départ de Londres.
[4 novembre 2016]

Que du neuf!

 

Le salon international des inventions et des idées ouvre ses portes pour trois jours. La 68ème édition du salon iENA a lieu du 27 au 30 octobre à Nuremberg. Les inventeurs, les universités, les centres de recherche et les entreprises présentent leurs idées et profitent du salon pour conclure accords de licence et cessions de droits.
Les représentants de 26 pays exposent plus de 700 inventions qui vont de la haute technologie aux objets quotidiens. La jeunesse de certains inventeurs est remarquée.
Le succès d’objets tels que le vélo pliant, la couverture de survie ou la valise à roulettes qui ont connu leur première présentation publique lors d’éditions passées de iENA font rêver les inventeurs présents cette année, dont les travaux portent sur les économies d’eau et d’énergie, la domotique, le domaine médical, les transports ou encore les applications pour smartphone comme l’illustre le microscope de la photo.
L’absence d’exposant français peut être soulignée et regrettée.
[27 octobre 2016]
 

Des livres et des contrats

L’évènement majeur du monde littéraire, la foire du livre de Francfort, a lieu du 19 au 23 octobre 2016. Plus de 7000 exposants venus de 100 pays et 270.000 visiteurs sont attendus à Francfort pour la découverte des nouveautés de l’édition mais aussi pour la signature d’innombrables contrats de cession de droits littéraires, qu’il s’agisse de traductions, de films ou, de plus en plus, de jeux.
Outre les secteurs « jeunesse » et « cuisine », toujours très dynamiques la foire du livre est aussi le cadre de la remise de la prestigieuse distinction littéraire, le prix du livre allemand (« Der Deutsche Buchpreis »). L’édition 2016 s’ouvre au monde culturel et artistique avec un espace nommé « The Arts+ » où exposent les éditeurs de livres d’art, les musées et également le Cultural Institute, filiale de Google.
L’invité d’honneur cette année est l’ensemble Flandre et Pays-Bas. Œuvre de l’architecte Gert Kwekkeboom du collectif « the cloud collective », le pavillon de l’édition néerlandophone représente une surface de 2.300m2.
En préparation de l’édition 2017 qui mettra la France à l’honneur, Monsieur le Premier ministre Manuel Valls et Madame la Ministre de la culture et de la communication s’adresseront à la presse le 20 octobre à 10 heures 30 depuis la foire du livre de Francfort.
Le grand concurrent, la foire du livre de Leipzig aura comme toujours lieu au printemps, du 23 au 26 mars 2017, presque aux mêmes dates que le salon du livre de Paris.
[17 octobre 2016]

LVMH fait ses courses en Allemagne

RiMoWa, le fabricant de valises en aluminium inspirées des carlingues ondulées des avions Junkers, devient une filiale de LVMH.

La troisième génération, actuellement à la tête de la société RiMoWa, abréviation de Richard Morszek Warenzeichen, cède 80% de la société familiale fondée en 1898 au groupe français.

Alexandre Arnault sera co-gérant de cette société réputée pour le design de ses produits mais aussi pour sa capacité d’innovation, qu’il s’agisse de l’emploi de polycarbonates en remplacement de l’aluminium ou, plus récemment, de l’intégration d’étiquettes électroniques (« e-tag ») destinées à se substituer aux bandes autocollantes des compagnies aériennes et permettre un suivi du bagage depuis le smartphone du passager. Le service est déjà proposé aux passagers de la Lufthansa. Eva air, United et d’autres transporteurs le testent.

L’intégration dans le groupe LVMH devrait ouvrir de belles perspectives de développement international à cette entreprise de Cologne, qui réalise 400 millions de chiffre d’affaires avec des produits réputés pour leur solidité.

[6 octobre 2016]

Essen security 2016

Le millésime 2016 du salon de référence pour les métiers de la sécurité et de la sûreté confirme plusieurs tendances : la croissance du marché de la sécurité, la numérisation du secteur, le matériel mobile et nomade.

L’évolution des menaces amène un nombre croissant d’opérateurs à dépasser les simples obligations réglementaires et à mettre en place les instruments préventifs et de réponse adaptés à leur activité. La gestion différenciée des alertes d’évacuation et de confinement fait partie des préoccupations encore neuves pour bon nombre d’exploitants de bâtiments. L’utilisation du smartphone comme canal de diffusion ciblée des alertes devient la solution de référence (parcs industriels, campus).

La numérisation dépasse à présent le domaine de l’électronique (détection, caméras, etc.) et concerne tout le secteur, qu’il s’agisse du contrôle d’accès, de la gestion des serrures ou le cycle de l’argent numéraire et des valeurs. La numérisation du secteur offre l’opportunité à de nombreux industriels d’enrichir leur offre par des services associés. Celui qui hier fabriquait des serrures offre aujourd’hui la gestion en temps réel des accès y compris pour des configurations très changeantes comme les soins à domicile.

Les besoins spécifiques des évènements temporaires (festivals, compétitions, etc.) sont de mieux en mieux couverts, par du matériel mobile (portails, clôtures, éclairage, vidéosurveillance, alarmes sonores et visuelles, etc.)

En Allemagne, le secteur de la sécurité et de la sûreté est touché par le manque de main d’œuvre et c’est très logiquement qu’un prix a été remis au centre de formation ouvert en 2014 à Schwerin (Nord-Est de l’Allemagne) par la société Securitas.

Douze halls d’exposition, mille exposants issus de 45 pays et plus de 40.000 visiteurs professionnels représentants 119 pays, font de ce salon un évènement mondial, malgré l’absence remarquée cette année d’un leader du marché, l’allemand Bosch. Rendez-vous est pris pour Essen security 2018, du 25 au 28 septembre 2018.

[30 septembre 2016]

G36 : les acheteurs devant le tribunal

L’actuelle ministre fédérale de la défense, Madame Ursula von der Leyen, a donné une impulsion décisive en vue de normaliser les relations entre les armées et leurs fournisseurs. Selon la ministre, les retards, les surcoûts et les malfaçons ne sont plus acceptés et feront l’objet de pénalités.

Ainsi, le fusil d’assaut G36, acquis au cours des années 90 à la société Heckler & Koch et dont 166.000 exemplaires sont toujours en service, a été considéré comme insuffisamment précis dans certaines conditions d’emploi (forte chaleur, tir en rafale) et l’office d’achat de la Bundeswehr a réclamé une indemnisation au fabriquant.

H&K a saisi le tribunal de Coblence pour faire constater que l’arme est conforme au cahier des charges et qu’aucune indemnisation n’est due. La décision du tribunal rendue le 2 septembre 2016 est favorable à l’industriel. La Bundeswehr a annoncé faire probablement appel.

Pour H&K, société fondée en 1949, cette décision confirme les choix technologiques effectués pour cette arme légère mais partiellement en plastique et subissant des déformations sous l’effet de hautes températures.

La mise au rebut du G36 décidée en 2015 par le ministère fédéral de la défense est toutefois confirmée.

C’est dans ce contexte que la Lituanie vient d’annoncer le choix du G36 de H&K pour équiper ses forces, un nouveau succès à l’exportation pour H&K après le choix, en février 2016, du G36 pour équiper les brigades anti-criminalité parisiennes.

[6 septembre 2016]

Les drones livreurs à la conquête de l’Allemagne

Après la version aérienne et les stations « parcelcopter » de la Deutsche Post DHL Group https://www.youtube.com/watch?v=5cBEFK70FCU
qui permettent la livraison de petits colis tels que des médicaments vers des sites isolés (montagne, iles, etc.), le géant de l’électronique grand public Media Markt (groupe Metro) inaugure en ce mois de septembre l’utilisation de drones terrestres pour livrer ses clients à Düsseldorf. Après des essais concluants de livraison de bonbons au jardin d’enfant de l’entreprise et des essais en site privé, le projet de Media Markt sera, pour l’Allemagne, la première expérimentation sur la voie publique de livraison en véhicule autonome.

Pour Media Markt le principal attrait des petits robots à six roues de la société Starship est la possibilité offerte au client de choisir avec précision l’heure de livraison de ses achats. https://www.youtube.com/watch?v=MEWfsVPqKi4&feature=youtu.be.

DHL a publié une étude sur l’avenir de la robotisation de la logistique : http://www.delivering-tomorrow.de/wp-content/uploads/2016/03/DHLTrendReport_Robotics.pdf

[1er septembre 2016]

Prevent 1 – Volkswagen 0 ?

Dans le contexte du scandale des émissions polluantes qui pèse sur les comptes de Volkswagen, la recherche d’économies tous azimuts a poussé le groupe Volkswagen à durcir ses conditions d’achat.

Un fournisseur, Prevent, a refusé la remise en cause unilatérale d’accords et a décidé la suspension des livraisons d’éléments de siège et de boîtes de vitesse par deux sociétés du groupe. Malgré des mises en demeures et la menace de faire saisir les pièces chez le fournisseur, la production des modèles Golf et Passat a été interrompue durant plusieurs jours, le temps de trouver un accord dont les termes sont confidentiels mais qui aurait réservé une sortie très honorable au fournisseur.

Le groupe Prevent (sous-traitance automobile, mobilier, habillement) a ses racines en Bosnie et en Slovénie est à présent vu comme le petit qui a osé défier le géant du secteur avec le risque de finir sur la liste noire de tous les acheteurs. Le retentissement inhabituel de cette affaire en Allemagne confère tout de même à Prevent une notoriété qui peut en faire le chef de file des sous-traitants maltraités.

[27 août 2016]

Une petite banque fait la Une

Le directeur de la Raiffeisenbank de Gmünd, Monsieur Josef PAUL (photo), a osé : l’établissement coopératif de 6 agences et 31 salariés fondé en 1911 qu’il dirige sur les rives du très chic lac Tegernsee, est le premier d’Allemagne à répercuter aux particuliers la politique de taux négatifs de la BCE.

Alors que la pratique est devenue courante pour les comptes d’entreprise, les comptes personnels des clients de cette banque bavaroise subissent un intérêt négatif de 0,4% pour les dépôts de plus de 100.000 Euros. A Gmünd am Tegernsee 140 comptes avec 40 millions d’Euros de dépôts sont concernés.

Monsieur Josef PAUL a déclaré au quotidien Handelsblatt (édition du 11 août 2016) qu’il est contraint de prendre cette mesure en raison du faible nombre de prêts immobiliers sollicités par sa clientèle aisée. En effet, malgré 115 millions de dépôts la banque n’est créancière que pour 75 millions de crédits en cours.

Le symbole est fort, Ludwig Erhard (1897 – 1977), ancien chancelier (1963 – 1966) et ancien ministre fédéral de l’économie (1949 – 1963), considéré comme le père du miracle économique allemand et de l’économie sociale de marché, est justement enterré à Gmünd.

Cette décision ne restera probablement pas isolée et les observateurs rivalisent de pronostics quant aux impacts sur l’épargne des particuliers, la consommation des ménages et l’attitude des quelques 2000 instituts bancaires actifs en Allemagne.

Ludwig ERHARD

[15 août 2016]

Une privatisation dans la douleur

L’aéroport de Hahn (code IATA HHN), situé à mi-chemin entre Francfort sur le Main et Luxembourg-Ville, est propriété conjointe du Land de Hesse (17,5%) et du Land de Rhénanie-Palatinat (82,5%).

Ancienne air base de l’US air force, Hahn est un aéroport civil depuis 1993 (21.000 mouvements en 2015) desservi par plusieurs compagnies à bas coût (2.700.000 passagers en 2015) et des transporteurs de fret (80.000 tonnes en 2015). L’aéroport se situe au 10ème rang des aéroports allemands mais l’exploitation est structurellement déficitaire.

Conseillé par KPMG, le gouvernement de Mayence (Rhénanie-Palatinat) a décidé de céder ses parts et a sollicité des propositions de rachat par appel d’offres.

Avec une offre de 13,5 millions d’Euros, la société chinoise Shanghai Yiqian Trading Company (SYT) a remporté la compétition. Outre le meilleur prix, SYT a dévoilé des projets de développement de la plate-forme, en particulier l’ouverture d’une seconde piste et la construction du plus grand centre européen de manutention de fret alimentaire.

Mais, selon la presse, ce repreneur miracle est une société fictive, dont l’adresse correspond à un magasin de pneumatiques et qui aurait démontré sa solvabilité au moyen de documents bancaires falsifiés, ce qui avait complètement échappé à la société de conseil dont le montant estimé des honoraires (il seraient supérieurs à 6 millions d’Euros) suscite par ailleurs de nombreuses interrogations. Le représentant en Allemagne de SYT a déclaré que la société SYT est simplement en cours de restructuration et que rien ne permet la dénonciation du marché de vente.

Illustrant toutes les difficultés des administrations à piloter des opérations industrielles complexes, le dossier Hahn a failli entraîner la chute du gouvernement du Land de Rhénanie-Palatinat. De plus, le dossier est à présent sur le bureau du Procureur de Coblence, qui connait bien cet aéroport en raison de sérieux soupçons de corruption apparus à l’occasion de la prolongation d’un contrat de services aéroportuaires au profit de la société Serve & Smile Diensleistungen GmbH (SSD).

Un nouvel appel d’offres pour la reprise de l’aéroport prévoit la remise de nouvelles offres le 1er septembre 2016 ; le gouvernement du Land de Rhénanie-Palatinat espère que le futur exploitant maintiendra une activité aéroportuaire sur cette plate-forme située dans une région qui manque de moteurs économiques.


[7 août 2016]

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