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Blog Nexidée

UN CERTAIN REGARD SUR L'ACHAT ET L'INNOVATION DANS LES PAYS DE LANGUE ALLEMANDE
Cette section est principalement réalisée en français. Si vous souhaitez publier un message pour les acheteurs français sur ce blog, vous pouvez les envoyer par information@nexidee.eu
Diese Rubrik wird hauptsächlich in französischer Sprache geführt. Wenn Sie eine Meldung für französische Einkäufer über diesen Blog veröffentlichen möchten, können Sie uns diese gerne über information@nexidee.eu senden.

Commerce et technologie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le principal centre d'affaires chinois en Europe est installé dans une région boisée et joliment vallonée mais assez défavorisée d’Allemagne, à Hoppstädten-Weiersbach dans le Land de Rhénanie-Palatinat. D’anciennes installations militaires américaines abandonnées de ce bourg de 3.000 habitants ont été transformées pour implanter un parc d’activité qui regroupe déjà les bureaux européens de plus de 160 entreprises chinoises. Cent nouvelles sociétés, surtout des PME, sont attendues au cours des prochains mois.

Avantage sérieux, la ville dispose d’une liaison ferroviaire directe en deux heures vers l’aéroport de Francfort. De là, il est possible d’embarquer pour une des dix destinations de Chine continentale proposées sans correspondance: Péking, Hong Kong, Shanghai, Nanjing (Nankin), Shenzhen, Guangzhou (Canton), Changsha, Chengdu, Shenyang ou encore Qingdao, bien connue pour la brasserie Tsing Tao, fondée au début du 20ème siècle, à l’époque de la présence allemande.

A Hoppstädten-Weiersbach, la communauté chinoise compte 500 expatriés travaillant au sein du parc d’activité mais également plus de 150 étudiants (sur 2000) de l’Université des sciences appliquées spécialisée en technologies de l’environnement également installée sur ce territoire excentré, dans un ancien hôpital militaire fermé en 1994. La cohabitation des activités académiques et du monde des affaires constitue un enrichissement mutuel, surtout dans le domaine des technologies vertes qui intéressent les Chinois et constituent un des grands succès à l’exportation pour l’Allemagne.

Les promoteurs du projet ICCN (International Commercial Center Neubrücke) ont été conquis par la capacité des entreprises chinoises à prendre des décisions rapides, savoir saisir les opportunités et comprendre les avantages d’une implantation en Allemagne. La Chine est devenu le premier partenaire commercial de l’Allemagne (1er fournisseur et 3ème client) et les projets bilatéraux de recherche comme le nombre de co-entreprises sont en constante augmentation. De leur côté, les administrations locales ont su faire preuve d’une attitude coopérative et du nécessaire dynamisme pour faciliter l’installation des entreprises, de leurs employés et de leurs enfants.

Ce petit China town est aussi un lieu d’échanges et le 29 septembre 2018, l’association d’amitié germano-chinoise y organise sa 6ème fête interculturelle.

[1er août 2018]

Ici belles entreprises à vendre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Zu verkaufen = à vendre

L’achat d’entreprises allemandes par des firmes françaises a battu un record en 2017. Si le dossier le plus commenté a été la reprise d’Opel par le groupe PSA, le principal accord en valeur a concerné la fusion des activités ferroviaires de Siemens et Alstom. Outre ces cas très visibles, ce sont surtout les belles PME et ETI allemandes qui sont concernées par l’arrivée d’actionnaires tricolores. Pour le cabinet PwC, les Français se sont situés en 2017 au troisième rang des investisseurs étrangers avec 117 acquisitions majeures.

Disposer d’un établissement permanent en Allemagne est un avantage sur de nombreux plans. Acquérir de nouveaux savoir-faire, se rapprocher des clients, accéder plus facilement aux marchés publics, redessiner la carte des fournisseurs, explorer de nouveaux partenariats ou encore accéder aux marchés d’Europe centrale sont quelques-unes des répercussions positives.

Deux facteurs expliquent le mouvement actuel de reprises d’entreprises allemandes par des investisseurs étrangers. Le nombre d’entreprises à céder est très important car la génération d’entrepreneurs arrivant à l’âge de la préparation de la succession est issue des classes d’âge les plus nombreuses du pays (le pic des naissances date de 1964). De plus, le dynamisme actuel du marché du travail (moyenne nationale de 5% de chômage, entre 2,7% et 9,7% selon les Länder) prive l’économie d’entrepreneurs juniors.

Pour les seules entreprises familiales, l’Institut de recherche «Institut für Mittelstandsforschung» recense 150.000 sociétés à transmettre entre 2018 et 2022 !

A la différence des pays où on attend des manufactures qu’elles contribuent au prestige de l’Etat, il est normal, en Allemagne, que les élus, les administrations et les banques se mettent au service des entreprises. La contrepartie est que la responsabilité sociale de l’entreprise est un dû et que son dirigeant est le garant de la pérennité de l’activité, des emplois et du réseau de sous-traitants. Cette situation n’est pas sans conséquences au moment de chercher un successeur. Le repreneur idéal garantit le développement et l’avenir de la société. Dans ce contexte, malgré les réticences initiales, l’offre d’un repreneur étranger sera bien accueillie lorsqu’il projette une alliance industrielle alors que d’autres propositions sont motivées par l’opportunité d’éliminer un concurrent après avoir pillé le fichier client et le laboratoire de R&D.

La politique de l’Euro faible, tant réclamée par d’aucuns, favorise les investisseurs Chinois, Britanniques, Suisses et Nord-Américains, tous très actifs, mais la France est un investisseur de plus en plus dynamique. Pourquoi ? La proximité géographique, la complémentarité entre les deux pays et l’exemple de nombreux succès franco-allemands constituent des incitations stimulantes.
[30 juin 2018]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Micro-production sur le lieu de consommation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des recherches dans le domaine de l’agriculture verticale et de l’agriculture urbaine sont à l’origine de la fondation à Munich de la société Agrilution par Maximilian Lössl et Philipp Wagner. Agrilution développe et distribue une serre d’appartement baptisée PlantCube®, pour l’instant construite en présérie. La réservation est toutefois ouverte pour les 2.500 premiers appareils qui seront livrés fin 2018.

La serre épouse les dimensions classiques des appareils électroménagers et peut être intégrée parmi les éléments de cuisine. Les plateaux coulissants permettent d’atteindre très facilement les plantes du fond. Seules une prise 220V et une connexion Internet sont nécessaires au fonctionnement.

Cette serre permet de cultiver à domicile, sans pesticides, des plantes aromatiques (basilic, persil, ciboulette, périlla, etc.), des plantes potagères (cresson, oseille, roquette, salades, etc.) mais aussi des légumes-racines dont les jeunes pousses sont comestibles telles que carottes ou radis. Une technologie optimisée d’éclairage par leds permet un ajustement constant de l'intensité de la lumière et des fréquences lumineuses aux espèces et à leur stade de croissance. Les semences sont fournies sous forme de tapis conditionnés sous vide et l’emploi du PlantCube®, grâce à une application en ligne, est suffisamment simple pour garantir à tout urbain ses premiers succès agricoles.

Gadget coûteux ou réponse efficace aux défis de l’alimentation ?

Grâce à l’absence de transport après récolte, le projet de la société Agrilution permet de réintroduire des espèces très intéressantes sur le plan gustatif et nutritionnel mais difficilement commercialisables du fait du flétrissement rapide des plantes coupées. D'autres avantages peuvent être cités:

- le consommateur ajuste la récolte à ses besoins ce qui supprime tout gaspillage alimentaire;

- indépendante des conditions météo, la croissance de plantes riches en nutriments devient possible dans les régions au climat hostile ou trop peu ensoleillé.

Outre l’aspect ludique, le principal bénéfice devrait tout de même être éducatif, chacun pouvant devenir (très) petit producteur (très) local.

[18 juin 2018]

Pas d'abonnés sans données

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil relatif à "La protection des personnes physiques à l'égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données" entre aujourd’hui en vigueur dans tous les pays de l’Union européenne. Le texte intégral en français est disponible ici : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A32016R0679 . Tous les détenteurs d’informations à caractère personnel sont incités à faire le point sur les conditions de conservation et de protection des données détenues.
C’est l’occasion de vous informer, chères abonnées et chers abonnés, des précautions prises depuis la création de ce Blog pour préserver et sécuriser vos données. Les principales précautions prises sont :
 la réduction au minimum absolument nécessaire des informations détenues (nom, prénom et adresse électronique);
 le stockage sûr des données, chez un prestataire spécialisé, sans duplication sur les ordinateurs de Nexidée® ou des supports d’information amovibles;
 la supervision de ce fournisseur par notre partenaire informatique (Astrée Solution - https://astree-solution.com/ ), entreprise particulièrement compétente et expérimentée dans le domaine de la sécurité des systèmes d’information et de la lutte contre la cybercriminalité;
 la prise en compte sans délai des demandes de modification ou de rectification que vous m’adressez par le canal de l’adresse électronique « Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. »;

Sur un plan plus général, il est intéressant de constater que la valeur des données augmente et que la donnée devient de plus en plus souvent, pour les particuliers comme pour les professionnels, le moyen de règlement utilisé en échange de biens ou de services. La donnée fait l’objet d’un troc, au détriment des monnaies classiques et même des crypto-monnaies. Il s’agit d’ailleurs d’un des changements profonds en cours dans le monde de l’achat.

Pour ce qui concerne ce Blog, il est édité et diffusé sans contrepartie et vos adresses n’ont jamais été et ne seront pas cédées ou louées. De même, ce Blog n’accueille pas d’annonceurs et les billets ne sont jamais des «publi-reportages».

Les acheteurs le savent particulièrement bien, «la confiance se gagne par gouttes et se perd par litres». Nexidée® poursuivra ses efforts pour être digne de votre confiance et vous propose donc de suggérer à vos collègues et amis de s’abonner à ce Blog qui continuera à diffuser régulièrement des textes courts portant sur des sujets de l’actualité des achats et de l’innovation vue d’Allemagne.

[25 mai 2018]

Les places libres sont à l’avant...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les lauréats de la dixième édition du Prix Alexander-von-Humboldt de chaires universitaires ont été présentés le 8 mai à Berlin, à l’occasion d’une cérémonie présidée par Mme Anja Karliczek, la ministre fédérale de la recherche (à gauche sur la photo).

Chaque année, dix chercheurs actifs hors d’Allemagne se voient offrir la possibilité d’approfondir leurs travaux dans d’excellentes conditions, grâce à une chaire (cinq ans) dans une université allemande et un budget de recherche de 3,5 millions d’Euros (recherches théoriques) ou 5 millions d’Euros (travaux théoriques et expérimentaux).

Il s’agit d’attirer dix universitaires en pointe dans les domaines les plus variés (biologie, physique, droit, sciences humaines, mathématiques, immunologie, etc.) et de créer les conditions d’une découverte majeure. Le pari est audacieux et il faut choisir des chercheurs qui ont l’ambition de repousser les frontières de la connaissance en formulant une hypothèse inédite.

Pour la ministre de la recherche, la cérémonie de désignation des lauréats fut l’occasion de rappeler l’importance pour la communauté universitaire de trois conditions réunies en Allemagne : la liberté de la recherche, la stabilité des financements et la densité des échanges internationaux.

Facilité par le contexte du Brexit et de la présidence Trump, le recrutement de scientifiques de très haut niveau constitue une stratégie gagnante pour le monde académique allemand qui élargit ses pôles d’excellence en encourageant la recherche fondamentale dans des domaines d’avenir.

Outre les services de relocalisation classiques (recherche de logement, facilitation des démarches, etc.) que propose tout employeur à la recherche de talents rares, les universités d’accueil aménagent également un programme de bienvenue à destination des conjoints et des familles par un accompagnement vers l’emploi et la recherche de solutions scolaires adaptées. C’est une des clés pour féminiser la recherche et trois des dix chaires sont confiées à des femmes en 2018.

A titre d’exemple, la Professeure Ewa Dąbrowska (à droite sur la photo), Docteure de l’Université de Gdansk et Professeure au sein du département d’anglistique et de sciences du langage de l’université de Birmingham résume les perspectives ouvertes par les travaux en linguistique cognitive qu’elle va conduire à Erlangen (Bavière) : https://www.humboldt-professur.de/content/1-preistraeger/1-preistraeger-2018/6-dabrowska-ewa/dabrowska-ewa-en.mp4


Au-delà du financement de chaires, la fondation Humboldt est également organisatrice d’échanges académiques classiques et ce sont chaque année 2.000 chercheurs qui effectuent un séjour de recherche en Allemagne. Le réseau des anciens s’étend à 140 pays et comprend 28.000 personnes, dont 55 prix Nobel.

crédit photo : BMBF, Hans-Joachim Rickel

[9 mai 2018]

Le patient Deutsche Bank

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La troisième année consécutive de pertes (-735 millions en 2017) a coûté son poste au Britannique John Cryan, président du directoire de la Deutsche Bank de juillet 2015 à avril 2018. Agé de 47 ans, son remplaçant est un pur produit de la maison: en 1989, le jeune bachelier Christian Sewing débutait sa formation en alternance dans une filiale de Bielefeld avant d’effectuer presque toute sa carrière au sein de la Deutsche Bank, dont il doit à présent coordonner le sauvetage. 

Christian Sewing doit faire face à une situation inquiétante et il ne s’agit plus d’adapter ou de réformer mais bien de secourir une institution de 97.000 personnes et 24 milliards de valeur en bourse.  Après des années marquées par la défiance croissante des clients et l’implication dans de nombreuses affaires pénales et fiscales, la vénérable Deutsche Bank, fondée en 1870, a été publiquement ridiculisée par un ordre de virement absolument incroyable de 28 milliards d’Euros, soit plus que le chiffre d’affaires annuel ! Par chance, le transfert a pu être annulé mais la démonstration a été faite de la vulnérabilité de l’édifice et de l’inadéquation des dispositifs de détection et de prévention des risques. Que se serait-il passé si le compte de destination avait été sous séquestre ou détenu par une société en liquidation ?

Très exposée en Italie, pays dont l’effondrement financier est ouvertement évoqué, la Deutsche Bank souffrirait d’un retour à la Lire, hypothèse plausible maintenant que l’échec du programme de désendettement de la Grèce, qui n'est pas sortie de l'Euro malgré les incitations à le faire, est flagrant et que l’Italie, Etat le plus endetté de la zone Euro, est aussi le pays de plusieurs banques vacillantes. Au-delà des engagements internationaux, la Deutsche Bank n’est plus le partenaire idéal des entreprises allemandes de taille intermédiaire. Le fameux Mittelstand n’a pas besoin d’une banque d’investissement à l’aise dans les activités hautement spéculatives mais d’une institution sérieuse et stable, capable de financer les investissements et de garantir les dépôts.

Les premières annonces publiques de Christian Sewing furent marquées par une forme de modestie tout à fait inédite pour la Deutsche Bank. Appartenir au groupe des principaux établissements mondiaux ne fait plus partie des objectifs, l’activité est recentrée sur la banque de détail ; de plus, la simplification des structures et celle de l’informatique figurent en tête du plan d’actions. Le départ de Kim Hammonds, chargée de l’informatique au sein du directoire (COO), est un premier pas symbolique.

Ces annonces réalistes mais très prudentes interviennent quelques mois après celle, considérée comme de très mauvais goût, du versement de rémunérations supérieures à un million d’Euros à plus de 700 collaborateurs en 2017. Dans un contexte de pertes chroniques et de réduction des effectifs, la nouvelle avait choqué, y compris dans les milieux libéraux et conduit les élus à prendre leurs distances avec une institution qui n’est plus un monument national mais dont l'effondrement serait catastrophique.

Aujourd’hui, la question posée est cruelle mais simple : les secours arriveront-ils à temps ?

crédit photo: Marc Weltmann

[3 mai 2018]

Obsolescence et aléas

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le monde des consommateurs est agité par chaque vague de "révélations" sur l’obsolescence programmée. Pour l’acheteur professionnel, la connaissance de la durée de vie des équipements et de leurs composants, essentielle pour la détermination du coût global de possession, est soumise à de nombreux aléas techniques et politiques.

Coactionnaires de la société Phöbus S.A. de Genève, les grands industriels de l’ampoule à incandescence ont chargé en 1925 un groupe de travail d’étudier les méthodes de fabrication permettant d’uniformiser la durée de vie des ampoules avec une cible de 1.000 heures. Chaque dépassement de 10 heures de l’objectif représentant une baisse du marché du remplacement de 1%, la convergence a été obtenue et les ampoules ont été vendues avec une garantie de fonctionnement de 1.000 heures. L’entente et l’obsolescence programmée sont évidentes, mais avec des certitudes pour le client car la garantie de fonctionnement était strictement respectée. Il s’agit d’une obsolescence maitrisée et surtout transparente et anticipée. Rien n’est plus simple que de prévoir le coût horaire de l’éclairage.
Aujourd’hui, irréparabilité et impossibilité d’échanger les pièces d’usure (le cas bien connu des batteries soudées !) sont des préoccupations communes aux mondes des consommateurs finals et à celui des professionnels mais ne représentent que la partie très visible de l’obsolescence non maitrisée. L’obsolescence psychologique, encouragée par de nouvelles promesses marketing est par nature plus discrète mais ce sont d’autres facteurs externes et internes qui mettent fin de façon brutale et mal anticipée à la vie des biens d’équipement. 

En Allemagne, la décision de la cour administrative fédérale d’autoriser les communes ne parvenant pas à respecter les normes européennes de qualité de l’air à prendre des mesures locales permanentes d’interdiction de circuler met en péril la valeur d’usage de l’intégralité de la flotte de véhicules de certaines entreprises, en particulier artisanales. Les voitures et utilitaires diesels aux normes Euro 4 peuvent dès à présent être interdits en ville, les véhicules Euro 5 à partir de septembre 2019. A ce stade, seule la municipalité de Hambourg a fermé deux axes routiers aux "vieux" diesels, d’autres communes se préparent. Les propriétaires concernés font face à une obsolescence imprévue, dont ils auront du mal à obtenir l’indemnisation par les constructeurs ayant réussi à faire homologuer des modèles trop polluants.

Dans le domaine de l’informatique on est frappé par l’impossibilité d’adapter certains environnements récents. Des obsolescences fonctionnelles brutales en sont la conséquence. Qu’il s’agisse d’applications ou de composants d’infrastructure, de systèmes d’automatisation, de suivi de production ou de commande numérique par calculateur (CNC), des équipements peuvent être brutalement obsolètes bien des années avant l’échéance normale de remplacement, en particulier pour cause d’impossibilité d’appliquer la stratégie de sécurité adaptée aux nouvelles menaces.

Alors que faire pour ne pas subir ? Même pour des organisations de taille modeste, l’estimation du coût global de possession ne peut être dissociée d’une gestion professionnelle des obsolescences et des fins de vie ainsi que d’une analyse approfondie des risques et d’une veille ciblée sur les causes possibles de péremption anticipée.

Sur un plan macro-économique, la question de la prise en compte du remplacement accéléré dans le calcul des indices de hausse des prix doit être envisagé, la réduction de la durée de vie est une hausse cachée du prix au même titre que celle de la barquette de tomates passant de 1000 à 750 grammes qui, elle, est prise en considération par les statisticiens.

L'obsolescence non maîtrtisée recèle aussi d'excellentes surprises. On peut voir en direct l’ampoule fabriquée par la français Adolphe Chaillet fonctionnant depuis plus d’un million d’heures en Californie, à la caserne des pompiers de Livermore : http://www.centennialbulb.org/cam.htm
[16 avril 2018]

Déconstruction à domicile

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le consortium More-Aero regroupe des spécialistes de la déconstruction industrielle, de la logistique et de la valorisation des déchets. Le projet est coordonné au sein d’un partenariat public-privé (PPP) implanté à proximité de Hambourg. Le nom More-Aero provient de la contraction de « modularisation du recyclage aéronautique ».

La co-entreprise vise à établir une chaîne de déconstruction d’aéronefs dont la principale particularité est la mobilité. En effet, les équipes de déconstructeurs se rendent sur les lieux de stationnement des avions hors d’usage. Cette façon de faire est indispensable car les appareils sont rarement en mesure de rejoindre une unité de démontage.
L’équilibre économique sera atteint grâce aux revenus générés par la revente des matières premières et des pièces détachées. Ces pièces de réemploi peuvent, à condition d’en vérifier soigneusement les performances, abaisser dans des proportions sensibles le coût de construction ou de maintenance des avions. Le marché de la pièce révisée est particulièrement lucratif pour les modèles anciens et sera un des principaux facteurs de la pertinence économique d’un projet avant tout destiné à la protection de l’environnement. La revente de pièces révisées par ce démonstrateur de l’économie circulaire permettra de maintenir en état de vol des avions pour lesquels les industriels ne produisent plus de pièces neuves ce qui contribuera … à retarder la mise au rebut de certains avions.
Le consortium travaille à la conteneurisation de tous les équipements nécessaires à la récupération des fluides et à la séparation des matières, ce qui demeure délicat dans le cas des matériaux composites, compliqués à trier et auxquels il est difficile de donner une seconde vie. Malgré cet obstacle, ce sont plus de 80% des composants qui sont récupérables selon les membres du consortium.
Le marché des appareils à déconstruire est important et devrait connaître plusieurs années assez dynamiques, au rythme du renouvellement des flottes engagé par les compagnies aériennes.

[16 mars 2018]

Un virage très serré

 

 

 

 

 

 

 

L’accord entre le syndicat des métallos (IG Metall) et la fédération patronale de la métallurgie pour le Sud-Ouest de l’Allemagne (Südwestmetall) prévoit une augmentation des salaires de 4,3% et une flexibilisation des horaires de travail à l’intérieur d’une plage de 28 à 40 heures hebdomadaires pour un temps plein. L’accord conclu pour la période 2018 - 2020 prévoit également le paiement de diverses primes en argent ou en temps libre, au choix du salarié. Par cet accord, les négociateurs ont évité un conflit du travail qui s’annonçait vigoureux et très long.

Cela représente un beau pari ! A ce stade, personne ne peut prédire le nombre de salariés qui feront usage de leur droit de passer temporairement à 28 heures en raison d’une situation familiale exigeante (parents âgés, jeunes enfants, maladie du conjoint, etc.) ni la proportion d’ouvriers souhaitant la réduction ou au contraire l’augmentation durable de leurs horaires hebdomadaires de travail. Cela ne sera possible qu’avec des horaires individualisés dans des plages très étendues. Le défi pour les RH est peut-être plus grand que pour les ingénieurs…

La 4ème révolution industrielle permet cette flexibilisation. La fin du travail posté, la fin des chaînes de fabrication et la généralisation des usines utilisant les dernières innovations numériques sont la condition d’une mise en œuvre réussie de l’accord. Mais cet état de l’art de l’organisation de la production industrielle ne touche pas encore toutes les usines et il faudra à présent avancer vite sur la voie de la généralisation des concepts du plan Industrie 4.0 pour que les postes de travail fonctionnent de façon coordonnée mais asynchrone.

Le transport robotisé des encours de production vers les postes de travail en fonction de la disponibilité et des compétences des opérateurs présents tout comme le respect des priorités de production en tenant compte des stocks de pièces deviennent des nécessités. De même, les robots assistants rejoignant automatiquement l’opérateur pour les tâches qu’il ne peut pas assurer seules (ex : levage de pièces lourdes ou de paniers de pièces) devront être généralisés. Cela implique également que la conception des produits rende possible une fabrication selon un ordre très souple et actualisé plusieurs fois au cours du processus de production.

L’accord, s’il est généralisé aux autres régions du pays, redonnera au secteur de la métallurgie, en manque criant de main d’œuvre qualifiée, une attractivité qu’il a perdu en raison de l’érosion des salaires et d’une organisation du travail encore très rigide. Le syndicat IG Metall a compris la grande variété des aspirations de ses membres et a pris la tête d'un courant recherchant la substitution des modèles collectifs par des modèles singularisés. Dans un paysage syndical de plus en plus atomisé, cela renforce la position de cette organisation historique en vue des élections professionnelles de mars.

Employeurs et syndicats du Bade-Wurtemberg prennent ensemble le pari d’une modernisation exceptionnelle de l’outil et des relations de travail. C’est l’audace d’une région et d’un secteur qui veulent absolument conserver leur place de champion mondial de l’industrie à haute valeur ajoutée. Il reste à voir si les pouvoirs publics accompagneront la mutation du monde du travail, en particulier par l’adaptation des transports collectifs et du système de garde d’enfant aux nouveaux rythmes des salariés.

[6 février 2018]

 

La fac s’exporte

 

 

 

 

 

 

Outil privilégié de coopération bilatérale et facteur de soft power, l’ouverture d’universités allemandes à l’étranger est devenue en quelques années un axe stratégique majeur pour les établissements qui souhaitent s’affirmer sur le marché mondial de la formation et se confronter à la concurrence des universités les plus dynamiques.

Depuis 2001, cinquante projets sont nés de la coopération avec 26 pays. Ces projets sont le fruit d'accords entre établissements allemands et partenaires locaux et bénéficient d’un programme d’aide du service fédéral de coopération académique, le DAAD.

Les ambitions sont diverses et vont du campus à un unique diplôme spécialisé. Citons quelques exemples: l’Académie Sino-allemande des arts à Hangzhou, l’université de technologie de Munich en Asie à Singapour, l’université allemande du Caire.

Ce réseau international d’universités allemandes permet au pays de diffuser les résultats de sa recherche, de drainer les meilleurs chercheurs et d’attirer les étudiants les plus motivés vers l’Allemagne qui consolide ainsi sa position dans les secteurs de pointe et affirme son rôle de partenaire scientifique et technique pour de nombreux pays. Actuellement, ce sont plus de 250.000 étudiants étrangers qui étudient en Allemagne, dont 8.000 français.

La diplomatie du savoir est également exercée au moyen de nombreux programmes temporaires d’échange de chercheurs, comme l’imprononçable «Franco-German Fellowship Program on Climate, Energy and Earth System Research Funding of research groups within the framework of the implementation of the Paris Climate Agreement», un des volets du MOPGA-GRI, l’initiative au nom si évocateur : «Make our planet great again - German research initiative».

Les 26 pays bénéficiant déjà de l’implantation d’une ou plusieurs universités allemandes sont : Chine, Inde, Indonésie, Japon, Malaisie, Singapour, Corée du Sud, Thaïlande, Vietnam, Azerbaïdjan, Géorgie, Kirghizie, Russie, Kazakhstan, Ukraine, Egypte, Jordanie, Maroc, Emirats Arabes Unis, Oman, Turquie, Ethiopie, Afrique du Sud, Chili, Brésil et Argentine.

Crédit photo: Vietnamese-German University - VGU

[2 février 2018]

Douceurs et papotages

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le secteur social et solidaire est traditionnellement imaginatif et inventif. Deux jeunes entrepreneuses le démontrent.

A Munich, elles ont ouvert un laboratoire de pâtisserie dont les employé(e)s sont retraité(e)s. Les seniors fabriquent et livrent des pâtisseries typiques de la production domestique traditionnelle.
Les seniors ne sont pas du métier et leur motivation est double. Quelques heures hebdomadaires d’activité génèrent un revenu d’appoint et permettent surtout de briser la spirale «sentiment d’inutilité - isolement - désocialisation» qui menace tant de retraités. La vente des pâtisseries permet de financer des activités en commun et des excursions. D’ailleurs l’entreprise se nomme «Kuchentratsch», néologisme accolant «pâtisseries» à «potins», ce qui décrit probablement bien ce qu’il s’y passe…

Pour les clients, il s’agit de contribuer à un projet social tout en dégustant des gâteaux «faits maison» dont les ingrédients sont sourcés localement.
La production est vendue par Internet mais aussi par téléphone. Les gâteaux sont livrés par porteurs à Munich et expédiés par la poste dans le reste de l’Allemagne. On peut même s’abonner !
Les photos des spécialités disponibles sont visibles ici : https://www.kuchentratsch.com/produkt-kategorie/kuchen/kuchen-muenchen/

crédit photo: Kuchentratsch UG

[25 janvier 2018]

  

Remboursez !

 

 

 

 

 

Les victimes de l’entente illicite de l’industrie du poids-lourd s’organisent pour demander réparation du dommage subi. Plusieurs actions judiciaires ont été engagées devant les tribunaux allemands au cours des derniers jours contre les sociétés DAF, Daimler, Iveco, MAN, Scania et Volvo/Renault par les acheteurs de camions victimes des effets de l’entente illicite ayant fait en 2016 l’objet d’une condamnation à une amende de près de trois milliards d’Euros par la commission européenne.

Une des actions collectives est emmenée par la Deutsche Bahn et le Ministère fédéral de la défense et compte environ quarante autres plaignants. A elles seules, les armées ont acquis 10.000 poids-lourds durant les années d’activité de l’entente.
Une autre action de groupe est conduite par plus de 300 sociétés de transport contre Daimler. Ces sociétés ont fait l’acquisition de plus de 16.000 camions pendant l’entente. Le porte-parole du tribunal de Stuttgart a confirmé que la demande de dédommagement se monte à 180 millions d’Euro et que le mémoire déposé compte 1.800 classeurs. Les experts estiment qu’une indemnisation moyenne d’environ 10.000 Euros par véhicule représente un ordre de grandeur réaliste.

On attend d’autres plaintes car la fédération des entreprises de transport comme plusieurs cabinets d’avocats sont en train de fédérer d’autres victimes des pratiques anticoncurrentielles de l’industrie du poids-lourd.

Des communes avaient montré la voie voici un an avec des demandes sporadiques de dommages-intérêts, comme la modeste municipalité de Ebsdorfergrund (Hesse) qui est en procès contre Daimler à la suite du paiement d’un prix trop élevé pour le camion de pompier de cette commune de 9.000 habitants.
Le débat juridique ouvert portera entre autres sur l’importance du dommage indemnisable. S’agit-il de la seule différence entre les prix payés et le prix normal, hors entente ou s’agit-il aussi des effets de la perte de compétitivité par rapport aux opérateurs économiques qui n’ont pas été victimes de l’entente des industriels du poids-lourd ? Les conséquences du désavantage compétitif du transport routier par rapport aux modes alternatifs de transport de fret sont-elles indemnisables ? Un autre point crucial concerne les camions loués, car s’il est clair que le montant des loyers reflète le prix trop élevé des véhicules, le loueur n’a pas participé au cartel.

Une affaire de plus qui démontre que l’acheteur n’est pas démuni face aux ententes illégales et que des concurrents peuvent utilement coordonner leurs positions face aux fournisseurs communs.

[30 décembre 2017]

Une première !

Déceler et combattre les pratiques anticoncurrentielles sont des tâches délicates et enthousiasmantes pour les professionnels de l’achat. Les autorités publiques européennes et nationales apportent heureusement un concours décisif en veillant au respect de la libre concurrence et à la sanction des pratiques contraires à une économie sociale de marché libre et ouverte.

Pour la première fois, l'Autorité de la concurrence a été amenée à prononcer une sanction à un stade précoce de la procédure : le groupe Brenntag (chimie) est condamné à une amende de 30 millions d'euros pour obstruction à l'instruction.

Pour sa part, la société Brenntag AG basée à Essen, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie et présente dans 74 pays où elle sert 185.000 clients a émis un communiqué soulignant qu’elle estime avoir satisfait à toutes les exigences juridiques. Brenntag peut formuler un recours devant la Cour d’Appel de Paris.

L'Autorité de la concurrence a sanctionné les entreprises Brenntag SA et Brenntag AG pour avoir fait obstruction à l'instruction d'un dossier portant sur des pratiques anti-concurrentielles. Pour l’Autorité de la concurrence, ces comportements ont entravé le déroulement de l'instruction et même empêché celle-ci d'aboutir. La sanction prononcée (30 millions d’Euros alors que le maximum légal était de 103 millions d’Euros) tient compte de la taille de l'entreprise et de la nécessité d'assurer « un effet suffisamment dissuasif afin d'éviter qu'une entreprise puisse objectivement avoir avantage à faire obstacle à une instruction de l'Autorité ». L’Autorité de la concurrence reproche à Brenntag « d’avoir transmis des informations incomplètes, imprécises et hors délais avant de refuser de communiquer les informations et éléments matériels qui lui avaient été demandés à plusieurs reprises ».

La décision de l’Autorité de la concurrence est disponible ici : http://www.autoritedelaconcurrence.fr/pdf/avis/17d27.pdf

[22 décembre 2017]

Silence et vitesse

Des constats identiques sont à l’origine de deux projets d'aéronefs électriques: la congestion des centres urbains, la recherche de gains de temps, la sous-utilisation du potentiel offert par la 3ème dimension.

Deux entreprises allemandes ouvrent de nouvelles perspectives pour le transport de fret et de passagers à très courte distance. Les sociétés Volocopter et Lilium développent ce que les prospectivistes promettaient pour l’an 2000 : des mini aéronefs d’utilisation simple permettant de rejoindre le toit des gratte-ciels.

Pour Lilium, deux technologies, celle de l’avion à décollage et atterrissage verticaux (VTOL) et celle de l’avion à propulsion électrique (e-turbopropulseur), sont réunies pour la construction d’un ULM offrant 300 km de rayon d’action et une vitesse de 4 km/minute en tenant compte des phases d’atterrissage et de décollage. La société de Gilching à proximité de Munich a récemment annoncé une levée de fonds permettant le développement d’un appareil de cinq places dont le vol inaugural avec passagers est annoncé pour 2019. L’objectif économique est de proposer des courses à un prix inférieur à celui des taxis pour une durée de trajet divisée par dix en zone urbaine et par cinq en zone périurbaine.

Dans la vallée du Rhin, à Bruchsal près de Karlsruhe, la société Volocopter travaille au perfectionnement du 2X, un multicopter à 18 rotors. Le multirotor atteint 100km/h et dispose de 30 minutes d’autonomie. Le 2X est un véhicule autonome mais pouvant être piloté.

Les deux appareils nécessitent des zones de poser minuscules et sommaires ; au prix de quelques aménagements, la 5ème façade des immeubles à toit terrasse fait parfaitement l’affaire. Les centres urbains soucieux de lutter contre le bruit et les autres pollutions devraient être les premiers à favoriser l’implantation de ces services de mobilité « 0 émission » susceptibles d’intéresser également les services publics (secours, interventions, etc.).

Une vidéo du vol inaugural du prototype de Lilium est disponible ici : https://www.youtube.com/watch?v=ohig71bwRUE

Une vidéo du vol de présentation du projet de taxis autonomes Volocopter à Dubaï est disponible ici : https://www.youtube.com/watch?v=4b4tztjRJkA

[6 décembre 2017]

Le CO2 est une matière première, pas un déchet!

La COP 23, présidée par la République des Fidji et organisée à Bonn sur le campus des Nations-Unies, prend fin sans accord sur une action publique concertée. Une fois encore, les pouvoirs publics refusent de mettre en œuvre les stratégies nécessaires, comme on peut l’observer en France à propos de l’accompagnement du processus de recul du trait de côte où on crie à l’étranglement budgétaire tout en édifiant des digues et des empierrements à la fois chers, dérisoires et illusoires. Dans le même temps, la proposition de loi relative à l’adaptation des territoires littoraux au changement climatique déposée le 13 juillet 2016 s’est envasée dans les aller-retours Assemblée nationale - Sénat pour n’être finalement jamais adoptée.

Il appartient donc aux acteurs privés d’apporter les solutions pertinentes. Certains, comme la société INERATEC, y travaillent. Animés par la vision du «zéro torchage», la fin de la destruction de la surproduction de gaz au moyen de torchères, les ingénieurs ont mis au point un réacteur chimique transformant le gaz en liquide, bien plus facile à stocker et utiliser.

Par la suite, la société INERATEC de Karlsruhe a réussi la prouesse de miniaturiser et conteneuriser ses réacteurs chimiques permettant ainsi de produire localement des carburants liquides à partir d’une surproduction de gaz naturel ou de méthane.

Un développement récent a concerné l’utilisation du surplus d’électricité pour produire des carburants liquides. Associé à l’Institut de technologie de Karlsruhe (KIT) et au centre de recherche finlandais VTT, INERATEC a développé une installation pilote d’utilisation du surplus d’électricité photovoltaïque pour produire des carburants liquides de synthèse (diesel, kérosène) par concentration du monoxyde et du dioxyde de carbone contenus dans l’air ambiant.

Plus de détails sur le projet « électricité en carburant » et l’installation pilote construite à Lappeenranta (Finlande) sont disponibles ici : http://ineratec.de/power-to-liquid-200-liters-of-fuel-from-solar-power-and-the-airs-carbon-dioxide/?lang=en

 

[17 novembre 2017]

Le succès des projets interculturels

Les projets interculturels sont plus riches, plus créatifs et plus ambitieux mais aussi plus difficiles à réussir que les projets simples. Deux auteurs expérimentés, Robert de Quelen et David Colliquet, publient « Alice au pays des projets » (AFNOR éditions) et livrent de nombreux conseils très concrets. Les auteurs adoptent le point de vue d’une jeune cheffe de projet confrontée pour la première fois aux enjeux du management d’une équipe internationale pour expliquer, par une suite de situations concrètes, les pièges et les opportunités d’un projet multiculturel.

Qu’il soit international, public / privé ou plus classiquement le creuset de nombreux métiers, un projet vit de la mise en commun de savoirs et d’expériences différentes. Comment adopter le ton juste vis-à-vis de chaque contributeur ? Comment éviter les erreurs de management qu’on observe si souvent ? Les deux auteurs accompagnent le lecteur au fil des pages d’Alice au pays des projets pour faire vivre les situations stimulantes ou destructrices d’un projet multiculturel.
Le livre souligne le rôle fondamental des relations humaines et de la bonne compréhension du contexte culturel de chaque acteur pour bien gérer un projet complexe. A la fois guide et truchement, Alice apprend au fil des pages à souder une équipe et à analyser les difficultés de l’entreprise particulière qu’est son projet.
Bravo aux auteurs qui ont également pensé au lecteur pressé qui trouvera des encadrés résumant les points essentiels et des fiches techniques facilitant la mise en œuvre des judicieux conseils d’Alice.

Alice au pays des projets, AFNOR éditions, 224 pages, ISBN : 978-2-12-465634-9

Une présentation complète de l’ouvrage est disponible ici : https://m.boutique.afnor.org//livre/alice-au-pays-des-projets-le-leadership-interculturel-des-projets/article/905026/fa192554

[3 novembre 2017]

 

Vers des achats publics performants en Europe?

Le 3 octobre 2017, la Commission européenne a émis une recommandation sur la professionnalisation des marchés publics.

Conformément à l’article 288 du Traité sur le fonctionnement de l’union européenne, «pour exercer les compétences de l'Union, les institutions adoptent des règlements, des directives, des décisions, des recommandations et des avis. (…) Les recommandations et les avis ne lient pas.»

Même s'il n'est pas contraignant, ce document sur la professionnalisation de la passation des marchés publics sous-titré «Concevoir une architecture pour la professionnalisation de la passation des marchés publics», ouvre la perspective de nouvelles exigences pour l’achat public des pays de l’UE.

La Commission porte un regard réaliste et positif sur l’achat public, vu comme un levier important susceptible de renforcer les politiques publiques grâce à des effets multiplicateurs positifs.
La recommandation souligne le rôle stratégique de l’achat public, au service des objectifs publics tels que la croissance, la création d’emplois, le développement des échanges transnationaux et diverses thématiques transverses comme la numérisation, l’innovation et le développement durable.

La recommandation aborde également la nécessité de disposer d’outils anti-fraude et de prévention de la corruption efficaces, en particulier afin de renforcer la capacité de détection des manquements et d’organiser la correction interne («l’auto-réhabilitation») des actions inappropriées.

Insistant sur l’importance du soutien politique de haut niveau indispensable à la professionnalisation de l’achat en Europe, la Commission souligne que «le résultat escompté de cette initiative est d’aider les États membres à mettre en place une stratégie de professionnalisation afin d’accroître la visibilité, l’influence, l’effet et la réputation de la passation des marchés dans la réalisation des objectifs publics.»
Logiquement, cette recommandation de la Commission devrait être suivie d’initiatives en faveur de l’amélioration des compétences des personnes contribuant à l’achat public, la protection des lanceurs d’alerte et l’interopérabilité des solutions informatiques et des portails achat au niveau de l’UE.
Une évaluation des achats et des acheteurs publics selon les résultats atteints plutôt que l’extrême vigilance quant au respect des procédures constituerait une avancée significative sur la voie de l’utilisation rationnelle des deniers publics.

Le texte de la recommandation en français peut être téléchargé ici : http://data.consilium.europa.eu/doc/document/ST-12941-2017-INIT/fr/pdf

Le texte en allemand est ici : http://data.consilium.europa.eu/doc/document/ST-12941-2017-INIT/de/pdf

[29 octobre 2017]

Une belle vitrine pour la France et la Francophonie

La foire du livre de Francfort, le principal événement littéraire en Europe, accueille cette année la France comme invitée d’honneur.

A Francfort, plus de 7.000 exposants issus de 102 pays accueillent 280.000 visiteurs dont une moitié de professionnels et 10.000 journalistes du 11 au 15 octobre 2017. Un peu plus de 1.000 auteurs de tous les pays ont confirmé leur présence dans la première ville de Hesse.

Le commissaire de «Francfort en français», Paul de Sinety, a convaincu de nombreux pays francophones de s’associer à l’exposition et de montrer au grand public comme aux spécialistes l’incroyable dynamisme et la grande variété de la langue française. Ainsi plus que la France, c’est la langue française qui est mise à l’honneur. A côté des Belges, Suisses et Luxembourgeois, vingt maisons d’éditions africaines et haïtiennes sont ainsi présentes.

Initiée par une ancienne élève du lycée franco-allemand de Buc, Fleur Pellerin, alors ministre de la culture, la présence de la France sur les rives du Main a donné un coup de fouet à la traduction de livres francophones en allemand et a suscité en 2017 d’innombrables événements organisés dans le cadre de l’action culturelle des pays francophones mais aussi par les libraires, souvent très attachés à la langue et la culture françaises. L’année de la France procure également aux libraires l’occasion de mettre en avant les publications sur la France (cf. illustration).

Comme le précise l’ambassade de France à Berlin, le pavillon français de 2.500 m2 qui a été dessiné par l’Ecole supérieure d’art et de design de Saint-Etienne permet de présenter 30.000 livres et d’accueillir 110 auteurs.

Le site de «Francfort en français» est disponible ici : http://www.francfort2017.com/francfort-en-francais.html#!/
[13 octobre 2017]

Allgemeine Nahrungs- und Genussmittel-Ausstellung (Anuga)

Anuga est synonyme de démesure. Près de 7.500 exposants venus de plus de cent pays exposent à Cologne les produits alimentaires d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Structuré en 10 espaces*, le salon 2017 met l’Inde à l’honneur et confirme sa position de premier salon alimentaire mondial.

Plus de 2.300 produits nouveaux ont été soumis au jury du «Anuga taste innovation show».
La 34ème édition (6 au 11 octobre 2017) du salon permet aux exposants de démontrer leur créativité et leur imagination en matière de goûts et textures inédits tout en restant en phase avec les tendances de la consommation telles que le bio et le respect des prescriptions religieuses. Les boissons jouent un rôle croissant dans la prise alimentaire. Les smoothies sont la locomotive du prêt-à-boire et les combinaisons de saveurs et couleurs sont de plus en plus explosives.

Les « superaliments » confirment leur percée et graines de chia, fruits d’açai, baies d’aronia, thé vert, graines de guarana, gingembre sont présents dans de plus en plus de préparations.

Le sujet de l’économie numérique n’est pas ignoré. Une enquête conduite auprès de 30.000 ménages diffusée à l’occasion du salon démontre que la commande de plats par Internet est entrée dans les mœurs et qu’un quart environ des consommateurs est disposé à utiliser des appareils culinaires connectés et des applications pour l’achat de produits alimentaires. Le premier «e-grocery congress» organisé durant le salon offre d’ailleurs un espace de réflexion sur la distribution alimentaire de demain.

*produits fins, surgelés, produits carnés, produits frais et ultra-frais, produits laitiers, pain et pâtisserie, boissons froides et vins, boissons chaudes, produits bio, concepts culinaires.

[9 octobre 2017]

Prost ! Santé !

Centenaire dans deux ans (1919 – 2019), la marque Rastal qui collectionne les distinctions pour le design de ses verres a développé un verre connecté.

Rastal Smartglass® accompagne la numérisation des métiers de la restauration. Qu’il s’agisse d’un bar en libre-service, de prévention de la grivèlerie ou du suivi individuel de la consommation, le verre connecté promet de nombreuses applications pratiques.

Le verre connecté permet, par exemple, à un brasseur de connaître en temps réel les volumes vendus dans les différents bars et d’adapter la production et la logistique en conséquence. La technologie permet également une connexion aux services de paiement. Le verre connecté est bien entendu également un nouveau jouet entre les mains des services marketing qui peuvent concevoir concours, jeux et prix individualisés pour animer les soirées des consommateurs et analyser au plus près les habitudes de leurs clients.

Grâce à son invention, Rastal, partenaire de très nombreux producteurs de boissons, pourrait modifier en profondeur les processus logistiques et comptables des bars.

Le produit devrait également rapidement concerner les professionnels de santé, en particulier pour le suivi des patients menacés de déshydratation ou la prévention des consommations excessives.
[22 septembre 2017]