By Marc on vendredi 21 septembre 2018
Category: Blog Nexidée

Une technologie ferroviaire au service du transport routier

Après des essais réussis en site privé, les premiers camions électriques à pantographe vont prendre l’autoroute en 2019. Le système ressemble à celui des trolleybus sans la contrainte d’une perche à placer avec soin sous la ligne électrique aérienne de contact. Dès novembre 2018, un tronçon de 5 km d’autoroute sera équipé entre Francfort et Darmstadt. Le premier utilisateur du système est un transporteur qui effectue une noria entre deux sites logistiques. La zone de test étant courte (2 x 5km), les camions utilisés sont hybrides, ce qui permet de commencer et finir le trajet avec un moteur thermique mais aussi de doubler sur l’autoroute, dont seule la voie de droite est en cours d’équipement.

Le chantier a peu d’impact sur la circulation puisque les mâts sont implantés derrière les barrières de sécurité.

L’avantage de la réduction des émissions polluantes est évident, mais c’est peut-être l’importante diminution du niveau de bruit qui fera le succès du dispositif. En effet, le camion électrique permet de traverser de nuit les zones urbaines sans perturber le sommeil des riverains.
Si les tests sont concluants, le réseau couvert à terme permettra la circulation de poids-lourds et d’autocars ne disposant que d’une batterie d’appoint suffisante pour effectuer le trajet entre le lieu de chargement et la bretelle d’autoroute ou la sortie d’autoroute et la destination où un rechargement des batteries est normalement assez facile.
Pour les autobus il existe déjà le système de point de chargement aux extrémités de la ligne (voir photo) permettant là aussi de réduire au minimum la masse des batteries.


Les critiques ne manquent toutefois pas. La plus importante concerne l’origine de l’électricité. L’électromobilité est une contribution à la réduction du CO2 à condition d’être décarbonée. Une autre réserve porte sur le choix du «tout routier» alors que le fret ferroviaire perd des parts de marché.

En Allemagne, deux autres tronçons (une route, une autoroute) sont prévus au Nord et au Sud-Ouest du pays pour valider le concept. Ajoutées à celles de la Californie et de la Suède, ces expériences permettront de recueillir des données capitales sur la consommation électrique des camions, les vitesses de circulation, l’impact sur les réseaux de transport d’électricité, l’usure de la bifilaire et l’éventuel phénomène d’orniérage de la chaussée.

[21 septembre 2018]